𝐋’é𝐩𝐮𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐏𝐨𝐥𝐢𝐜𝐞 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐡𝐚𝐢̈𝐭𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞 : 𝐦𝐚𝐢𝐧𝐭𝐞𝐧𝐚𝐧𝐭 𝐨𝐮 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬

La Police nationale d’Haïti (PNH) occupe une place centrale dans la protection des citoyens et le maintien de l’ordre public . Elle a été créée par la Loi du 29 novembre 1994 portant création, organisation et fonctionnement de la Police nationale. Souvent présentée comme le pilier de l’État, comme le veut la Constitution en ses articles 269 et suivant , la police nationale est une force publique civile et apolitique elle fait cependant face à une défiance grandissante. Derrière l’image institutionnelle, des pratiques préoccupantes persistent : insuffisance de formation, discipline inégale, violation des droits humains et surtout la tolérance parfois implicites, de comportements contraires à la loi et à l’éthique professionnelle.

𝑳’𝑰𝒏𝒔𝒑𝒆𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒈é𝒏é𝒓𝒂𝒍𝒆 𝒆𝒕 𝒍𝒆 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒂𝒏𝒅𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 : 𝒓𝒆𝒔𝒑𝒐𝒏𝒔𝒂𝒃𝒊𝒍𝒊𝒕é 𝒆𝒕 𝒆𝒇𝒇𝒊𝒄𝒂𝒄𝒊𝒕é

L’Inspection générale IGPNH qui repose sur la loi-cadre de 1994, en ses articles 37, 38 et 39 . Censée assurer un rôle de contrôle interne, doit être en mesure d’identifier les manquements, d’enquêter avec rigueur et de déclencher des procédures claires. De même, le haut commandement ne peut rester passif face aux dérives : l’absence de réaction produit un message dangereux, celui que les fautes peuvent être ignorées ou minimisées. Un corps policier ne se renforce pas par la rhétorique, mais par l’application concrète des règles. Le moment est particulièrement opportun pour nettoyer l’institution : séparer les « livrets » qui freinent son fonctionnement et permettre aux « blés », les agents intègres et compétents d’opérer pleinement.

 

𝑼𝒏𝒆 𝒔𝒐𝒄𝒊𝒐𝒍𝒐𝒈𝒊𝒆 𝒑𝒐𝒍𝒊𝒄𝒊è𝒓𝒆 𝒒𝒖𝒊 𝒅𝒐𝒊𝒕 é𝒗𝒐𝒍𝒖𝒆𝒓

Les agents fraîchement formés estiment que la tenue et le statut leur confèrent un pouvoir au-dessus des règles ( chèf chèf nèt ). Ils se comportent comme des (super chefs), oubliant que le véritable chef reste et restera la loi. Cette perception déforme la vocation du métier : la police n’est pas un instrument de domination, mais un service public chargé de garantir la sécurité dans le respect strict des normes nationales et internationales. Lorsque la discipline s’affaiblit, le sentiment d’impunité s’installe . Un article d’Ayibopost, publié le 11 juillet 2026, fait état de policiers en poste qui harcèlent et agressent des femmes. En conséquence, les abus se banalisent et la confiance s’érode, tant chez les citoyens que parmi les agents intègres.

𝑺𝒂𝒏𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏𝒏𝒆𝒓 𝒆𝒕 𝒓é𝒗𝒐𝒒𝒖𝒆𝒓 : 𝒖𝒏 𝒔𝒊𝒈𝒏𝒂𝒍 𝒇𝒐𝒓𝒕, 𝒆𝒕 𝒔𝒖𝒓𝒕𝒐𝒖𝒕 𝒖𝒏 𝒔𝒊𝒈𝒏𝒂𝒍 𝒍é𝒈𝒂𝒍 

La situation devient de plus en plus préoccupante avec la recrudescence des violations perpétrées par les gangs et la diminution du nombre d’agents de la PNH, notamment en raison du programme Biden. Toutefois, avec le programme P4000, on observe une augmentation de l’effectif, ce qui représente une lueur d’espoir pour le renforcement de l’institution. L’épuration de la PNH ne doit pas être comprise comme une chasse aux personnes, règlement de comptes mais comme une exigence de justice et de crédibilité. Sanctionner ou révoquer les policiers « ripoux » envoie un signal fort aux nouveaux agents : l’uniforme n’accorde pas d’impunité, et le respect des droits humains n’est pas facultatif. Au contraire, il constitue un principe non négociable. Lorsque les décisions sont prises après des enquêtes, avec des garanties de procédure et des voies de recours, la sanction devient un repère éthique. Les jeunes recrues comprendrons alors que la légalité, la proportionnalité et la protection de la vie et de l’intégrité des personnes ne sont pas seulement des slogans, mais des obligations professionnelles.

𝑹𝒆𝒏𝒇𝒐𝒓𝒄𝒆𝒓 𝒍𝒂 𝒇𝒐𝒓𝒎𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒆𝒕 𝒍𝒂 𝒄𝒖𝒍𝒕𝒖𝒓𝒆 𝒅𝒖 𝒔𝒆𝒓𝒗𝒊𝒄𝒆 𝒑𝒖𝒃𝒍𝒊𝒄 

Au-delà des mesures disciplinaires, la réforme doit comporter un volet formation renforcé : droit pénal, droits humains, techniques d’intervention adaptées, gestion de conflits et encadrement opérationnel. Des programmes de renforcement des effectifs, comme le P4000, doivent s’accompagner d’un dispositif de sélection, comme une réévaluation du processus de sélection au sein de l’institution, en remplaçant la 9ᵉ année par le baccalauréat. D’évaluation continue et d’accompagnement avec des suivis psychologiques . Il ne suffit pas d’augmenter le nombre : il faut améliorer la qualité, la supervision et la capacité à rendre des comptes. Le haut commandement, souvent passif, laisse prospérer un système où les règles sont appliquées de manière sélective. Ce laxisme affaiblit la confiance entre la société et la PNH. Or, sans confiance, aucune institution ne peut fonctionner durablement. La PNH, censée incarner la force publique, risque alors de n’être plus qu’un symbole de fragilité.

En outre La PNH est à un tournant de l’histoire. Elle peut poursuivre une trajectoire où les dérives affaiblissent l’État, ou engager une épuration fondée sur la responsabilité, la transparence et le respect des droits humains. En sanctionnant clairement les comportements répréhensibles avec une procédure régulière l’institution envoie un message durable aux nouveaux agents : obéir à la loi, protéger les citoyens et agir avec intégrité n’est pas une option, c’est le cœur même du métier. Pour Haïti, c’est véritablement maintenant ou jamais.

 

𝐏𝐚𝐫 𝐊𝐞𝐫𝐯𝐞𝐧𝐬 𝐆𝐮𝐢𝐥𝐥𝐨𝐮𝐱, mémorant en sciences juridiques et politiques

guillouxkervens@gmail.com

Numéro : 35147423

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