Haïti face à l’impasse politique : Des juristes appellent à un compromis national

Dans le cadre des Assises 2026, le Forum Kafou consacré à la gouvernance, à la sécurité nationale et aux élections en Haïti a réuni plusieurs experts du droit, universitaires et personnalités publiques autour des grands défis auxquels fait face le pays. Les discussions ont porté sur trois questions majeures : la gouvernance, la sécurité nationale et la tenue des prochaines élections. Les participants ont cherché à dégager des pistes de réflexion pour sortir le pays de l’impasse politique actuelle.

Animée par Jean Jules Desauguste, la rencontre a mis l’accent sur un dialogue inclusif impliquant les forces vives de la nation. Les intervenants ont souligné que la résolution de la crise exige une large concertation entre les acteurs politiques, la société civile, les secteurs professionnels ainsi que la diaspora haïtienne.

Lors de son intervention, le juriste et ancien parlementaire Price Cyprien a estimé que le pays s’est éloigné de l’esprit de la Constitution au fil des années. Selon lui, les nombreuses ententes politiques ayant marqué les différentes transitions ont progressivement affaibli les institutions. Il a plaidé pour une démarche consensuelle capable de rétablir la légalité constitutionnelle et de renforcer l’autorité de l’État.

Pour sa part, le constitutionnaliste Sonel Saint-Louis a rappelé les conséquences institutionnelles de l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021. Il a expliqué que l’absence d’élections a contribué à créer un vide politique important, fragilisant davantage les mécanismes prévus par la Constitution. À ses yeux, une nouvelle formule de gouvernance devra permettre de restaurer l’équilibre institutionnel tout en préparant le retour à l’ordre démocratique.

L’ancien directeur général de la Direction générale des impôts (DGI), Romuald Petit, a dressé un bilan critique de la vie politique haïtienne depuis plusieurs décennies. Il a évoqué la succession des crises, l’affaiblissement des institutions et l’expansion de l’insécurité. Selon lui, la période qui s’ouvre exige des décisions consensuelles afin d’éviter une aggravation de l’instabilité politique.

De son côté, le professeur Éphésien Joassaint a insisté sur le rôle central de la justice dans tout processus de redressement national. Il a soutenu qu’aucune réforme durable ne pourra être mise en œuvre sans une lutte efficace contre l’impunité et sans le renforcement des institutions judiciaires. Il a également appelé à la mobilisation de personnalités crédibles capables de conduire une transition orientée vers les élections.

Au terme des échanges, une idée s’est dégagée avec force : la nécessité de rétablir un cadre institutionnel inspiré du modèle bicéphale prévu par la Constitution, reposant sur la coexistence d’un président et d’un Premier ministre. Les participants ont également insisté sur l’urgence de parvenir à un nouvel accord politique susceptible de restaurer la confiance, de garantir la stabilité et de conduire le pays vers des élections démocratiques.


Miracson MONDÉSIR 

leave your comment

Previous Post Next Post

نموذج الاتصال