Les Assises du dialogue inter-haïtien réagissent après la mise au point de la CARICOM

Le Groupe des personnalités éminentes (EPG) de la CARICOM a publié, le 19 mai 2026, un communiqué afin de clarifier sa position autour d’une proposition baptisée « Washington-Haïti-CARICOM Socio-Political Relief Solution ». L’organisation régionale a précisé qu’elle n’était impliquée ni directement ni indirectement dans cette initiative associée au Consensus des Assises du Dialogue Inter-Haïtien. Par cette mise au point, la CARICOM entend éviter toute confusion concernant son rôle dans le processus de transition en Haïti.

Dans son communiqué, l’EPG rappelle qu’il poursuit ses consultations avec les autorités haïtiennes ainsi qu’avec plusieurs acteurs politiques et sociaux du pays. La CARICOM affirme que ses priorités demeurent le rétablissement de la stabilité nationale, le renforcement de la gouvernance publique, l’organisation d’élections crédibles et le retour à l’ordre constitutionnel, dans un contexte marqué par l’aggravation de la crise sécuritaire et institutionnelle.

Au lendemain de cette déclaration, les Assises de suivi du dialogue inter-haïtien ont publié, le 20 mai 2026 à Port-au-Prince, un communiqué public prenant acte de la position exprimée par la CARICOM. Les Assises saluent la réaffirmation du principe d’une solution haïtienne souveraine portée par les Haïtiens eux-mêmes, avec l’appui de la communauté internationale dans le respect de la dignité du peuple haïtien.

Les responsables des Assises rappellent que depuis le 7 février 2026, ils se sont engagés dans une démarche de recherche d’une solution durable à la crise haïtienne. À travers des consultations avec des acteurs politiques, sociaux, économiques, universitaires et de la diaspora, plusieurs documents d’analyse et de proposition ont été élaborés dans l’objectif de restaurer la dignité nationale, refonder la gouvernance politique, rétablir la sécurité publique et organiser des élections crédibles.

Le communiqué revient également sur la situation institutionnelle actuelle. Les Assises estiment qu’à la suite du décret pris le 7 février 2026, M. Alix Didier Fils-Aimé exerce un mandat de fait en s’étant attribué des prérogatives qui, selon elles, ne reposent sur aucun fondement constitutionnel régissant l’intérim de l’Exécutif. Elles rappellent qu’en vertu de l’article 149 de la Constitution amendée de 1987, le mandat intérimaire ne peut dépasser une durée de cent vingt jours.

Dans cette perspective, les Assises considèrent que le 7 juin 2026 constitue l’échéance légale de la période intérimaire, indépendamment des actes ou décisions adoptés unilatéralement. Elles voient cette date comme un jalon juridique majeur dans le processus de restauration de l’ordre institutionnel et appellent à la mise en place d’un dispositif conforme aux principes de légalité et de légitimité constitutionnelle.

Enfin, les Assises réaffirment leur engagement en faveur du rétablissement d’un exécutif bicéphale conformément à la Constitution de 1987 amendée. Elles saluent également la mobilisation des partis politiques, des organisations de la société civile, des secteurs professionnels, des organisations communautaires et de la diaspora haïtienne, tout en invitant la CARICOM et les partenaires internationaux à poursuivre leurs bons offices en faveur d’une solution haïtienne inclusive, durable et fondée sur la souveraineté nationale.

 

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